6.1.07

There is always some madness in love. But there is also always some reason in madness.

Friedrich Nietzsche

5.1.07

Diary

Pass, Crow


ПЕСНЯ О ЗЕМЛЕ

Кто сказал: "Все сгорело до дла?
Больше в Землю не бросите семя"?
Кто сказал, что Земля умерла?
Нет! Она затаилась на время.

Материнство не взять у Земли,
Не отнять, как не вычерпать моря.
Кто поверил, что Землю сожгли?
Нет! Она почернела от горя.

Vladimir Vissotsky

His great russian voice

Earth

Who has said "All is burned into ash?
No more seed in the Earth can be sown"
Who has said that the Earth is now dead?
No! For a time she quieted down.

Motherhood can't be taken from her,
Try to scoop up an ocean with leaves
Who believed that the Earth has been burnt
No! She has blackened from grief.



Afghanistan, picture Christian Deichert @ www.trekearth.com

Not The Furniture Game

His hair was a crow fished out of a blocked chimney
and his eyes were boiled eggs with the tops hammered in
and his blink was a cat flap
and his teeth were bluestones or the Easter Island statues
and his bite was a perfect horseshoe.
His nostrils were both barrels of a shotgun, loaded.
And his mouth was an oil exploration project gone bankrupt
and his smile was a caesarean section
and his tongue was an iguanodon
and his whistle was a laser beam
and his laugh was a bad case of kennel cough.
He coughed, and it was malt whisky.
And his headaches were Arson in Her Majesty's Dockyards
and his arguments were outboard motors strangled with fishing line
and his neck was a bandstand
and his Adam's apple was a ball cock
and his arms were milk running off from a broken bottle.
His elbows were boomerangs or pinking shears.
And his wrists were ankles
and his handshakes were puff adders in the bran tub
and his fingers were astronauts found dead in their spacesuits
and the palms of his hands were action paintings
and both thumbs were blue touchpaper.
And his shadow was an opencast mine.
And his dog was a sentry box with no-one in it
and his heart was a first world war grenade discovered by children
and his nipples were timers for incendary devices
and his shoulder blades were two butchers at the meat cleaving competition
and his belly button was the Falkland Islands
and his private parts were the Bermuda triangle
and his backside was a priest hole
and his stretchmarks were the tide going out.
The whole system of his blood was Dutch elm disease.
And his legs were depth charges
and his knees were fossils waiting to be tapped open
and his ligaments were rifles wrapped in oilcloth under the floorboards
and his calves were the undercarriages of Shackletons.
The balls of his feet were where meteorites had landed
and his toes were a nest of mice under the lawn mower.
And his footprints were Vietnam
and his promises were hot air balloons floating off over the trees
and his one-liners were footballs through other peoples' windows
and his grin was the Great Wall of China as seen from the moon
and the last time they talked, it was apartheid.
She was a chair, tipped over backwards with his donkey jacket on her shoulders.
They told him, and his face was a hole where the ice had not been thick enough to hold her.

Simon Armintage



This is the fluid in which we meet each other,
This haloey radiance that seems to breathe
And lets our shadows wither
Only to blow them huge again, violent giants on the wall.


Sylvia Plath, By Candlelight

4.1.07



Comment fonctionne la mécanique créative?

Je n'aime pas le mot mécanique. Mes poèmes sont toujours nés un peu tout seuls comme la chaleur dans une casserole d'eau produit des bulles. Presque paresseusement. Quand on écrit de cette manière, on ne sait pas du tout quelle est la part d'intelligence ou d'instinct, on se dit simplement après coup que tout cela doit fonctionner ensemble, et comme on n'est pas né de la dernière pluie ou du dernier poème, qu'on a la tête pleine de textes anciens, cette mémoire vous guide et vous nourrit dans votre travail, sans que vous en soyez toujours conscient.

La nature est au centre de votre œuvre. Peut-on imaginer une poésie où la nature serait absente?

Je crois que c'est l'une des forces de la poésie, et en fin de compte l'un de ses bienfaits. Parce que la poésie, d'une façon ou d'une autre, nous rattache toujours à ce qu'on appelait autrefois le cosmos, un mot très riche, qui veut dire à la fois beauté, ornement, équilibre, profondeur... Quand je lis des poèmes que j'aime, j'ai toujours l'impression d'ouvrir une fenêtre, de renouer avec le monde extérieur, avec le dehors, le plus proche ou le plus lointain. La poésie urbaine, c'est la même chose. Chez Baudelaire, elle est magnifique. Pourtant, ce n'est pas la nature au sens du paysage ou de la campagne, c'est la Seine, les maisons de Paris, les cafés, mais c'est aussi le monde extérieur, un monde concret qui est là, sauvegardé et en même temps remis en contact avec ce que nous avons de plus intérieur.


Philippe Jaccottet, entretien avec Pierre-André Stauffer et Antoine Duplan

A view with a room


From my window (today with mist and rain, and a little more snow) - Time for a virtual cup of earl-grey or a glass of glintwein (with vodka and almonds)?

3.1.07

La poésie parle toujours en faveur de la vie.

On raconte que Mandelstam, dans le camp où il a passé ses dernières années, aurait récité des poèmes de Pétrarque aux autres prisonniers. Dieu sait qu'il n'y a rien de plus éloigné que Pétrarque d'un camp de prisonniers russes. Mais la poésie dans ce cas, c'était un peu comme la goutte d'eau pour un homme qui marche dans le désert, quelque chose qui tout à coup prend un poids infini et vous aide à traverser le pire. J'ai été très frappé que Chalamov, qui a vécu dans la Kolyma, ait dit de la poésie qu'elle avait été sa forteresse, et non pas du tout son échappatoire.


Mais la merveille extrême, celle capable de susciter, paradoxalement sinon scandaleusement, une espèce de joie sourde, timide et tout de même puissante, ç'avait été à coup sûr les paroles, elles-mêmes une autre espèce de fleurs et de flocons, qui s'étaient élevées, avaient fleuri, avaient flotté quelques instants à mi-hauteur entre terre et ciel, [...] et c'était elles, oui, décidément, qui avaient gagné, ce matin-là, le temps de ce matin-là, sur le vide.


Philippe Jaccottet

A coward is incapable of exhibiting love; it is the prerogative of the brave.

Gandhi

Lumière d'hiver









Gare de Lausanne

2.1.07

Plaisirs minuscules




Le chat

Je souhaite dans ma maison
Une femme ayant sa raison,
Un chat passant parmi les livres
Des amis en toute saison
Sans lesquels je ne peux pas vivre.



Le lapin

Je connais un autre connin
Que tout vivant je voudrais prendre.
Sa garenne est parmi le thym
Des vallons du pays de Tendre.



Le poulpe

Jetant son encre vers les cieux,
Suçant le sang de ce qu'il aime
Et le trouvant délicieux,
Ce monstre inhumain, c'est moi-même.


Guillaume Apollinaire, Le Bestiaire ou cortège d'Orphée
Bois gravés de Raoul Dufy

On ne connaît pas son bonheur. On n'est jamais aussi malheureux qu'on croit.

Marcel Proust

1.1.07

arevik jr (under the rain)



He loves pasta with salmon, arithmetic and pokemons.
He'll try hard to make you laugh if he'll ever see you sad.

We both wish you a very

HAPPY NEW YEAR!

arev means "sun" in armenian, -ik is an ending for an affectionate nickname

31.12.06

Fête



Quelle soie aux baumes de temps
Où la Chimère s'exténue...

Mallarmé

Logiciel libre

L'art est si étrange. La survie est si étrange. Nous commençons par manger nos mères dans leur ventre. Puis dans leur lait. Nous dérobons leur langue à partir de leur regard. Nous sommes tous des voleurs. Nous inventons le sens en répondant à leurs sourires. S'instruire c'est sucer les os des cadavres, les trouer, souffler dans la mort de ceux qui nous précèdent. Vivre c'est parasiter les oeuvres, les ruines des oeuvres, le souvenir des oeuvres. Nous vivons entourés d'hallucinations qui trompent mal la carence ou l'absence. Nous sommes tous précaires ou désinchronisés. Nous commençons trop tôt. Nous mourons avant de mûrir. L'originaire est toujours invisible. Les vrais messages transitent dans les corps à l'insu de ceux qui les échangent.

Pascal Quignard

30.12.06



Cottleston, Cottleston, Cottleston Pie,
A fly can't bird, but a bird can fly.
Ask me a riddle and I reply:
"Cottleston, Cottleston, Cottleston Pie."

Cottleston, Cottleston, Cottleston Pie,
A fish can't whistle and neither can I
Ask me a riddle and I reply:
"Cottleston, Cottleston, Cottleston Pie."

Cottleston, Cottleston, Cottleston Pie,
Why does a chicken, I don't know why.
Ask me a riddle and I reply:
"Cottleston, Cottleston, Cottleston Pie"


Winnie-the-Pooh, as quoted by Benjamin Hoff in The Tao of Pooh, where the "Cottleston Pie principle" is explained. At its core: why does a chicken? - I don't know why!